

Non à la privatisation !
Oui à un service public moderne et rénové de La Poste !
Pas de progrès social sans service public pour les élus CGT au Conseil d’Administration de La Poste Pascal Barois, Michelle Boulesteix et Anne-Marie Fourcade qui livrent leur analyse de la situation financière de La Poste en novembre 2009. (2e partie).
(voir la 1ére
partie).
Une situation financière
au positif :
547 Millions d’Euros de bénéfices prévus pour 2009
Le prétexte invoqué de la nécessité d’apport de capital de 2.7 milliards d’euros pour faire face à la concurrence car La Poste serait trop endettée ne tient pas.
Si c’est pour développer le service public postal, répondre aux besoins diversifiés de la population, faire de la recherche industrielle développer des nouvelles technologies et des coopérations en France et au plan Européen, pourquoi pas ? Rien n’empêche de le faire tout de suite dans le statut actuel.
Mais ce qui est prévu ce n’est pas ça. Les 2.7 milliards d’euros chiffrés comme besoins incompressibles en apport de capital seraient consacrés à la croissance externe : 2 milliards 900 millions en hypothèse basse et 7 milliards 350 en fourchette haute !!! (rappel de la 1ére partie).
Il y a ce qu'ils disent
« Le capital sera à 100% public » ! réparti entre la Caisse des Dépôts et Consignations et l’Etat. Qui peut le croire ? Après ce qui a été fait à France Télécom, Edf,
Gdf, Air France... !!!
L’Etat qui n’assure déjà pas le financement des obligations de service public de La Poste (près d’un milliard d’euros par an),
pourrait allonger un milliard et demi pour la croissance externe !
Mais de plus, un amendement visant à préciser le financement à 100% par la Caisse des Dépôts et Consignations, a été rejeté au Sénat. C’est éloquent !
« La Poste sera imprivatisable » ! a déclaré sans rire l’innéfable Estrosi (le même qui aimerait que les cadres partent au combat, comme un seul homme, droits comme un « I » et le petit doigt sur la couture du pantalon) ! Comique ! Comme si une loi ne défaisait pas une autre loi ! On se croirait au cirque !
« C’est l’Europe on ne peut pas faire autrement » ! même Henri Guaino, conseiller du Président de la République, vient à la rescousse ! mensonge éhonté. Rien n’oblige le gouvernement français à la privatisation de La Poste. Chaque pays est décideur chez lui. La preuve, il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe dans d’autres pays autour de nous, en Europe et ailleurs
Et ce qu'ils ne disent pas
Devant le tollé général et la contestation populaire, le Royaume Uni vient d’abandonner la privatisation de La Poste ainsi que le Japon (qui par ailleurs a « licencié » le
président de la poste nipponne en désaccord avec cette décision) !!!
Au Maroc, la bataille contre la libéralisation a été gagnée et la
privatisation stoppée avec d’importants acquis sociaux à la clé.
En Norvège, les luttes syndicales ont conduit le gouvernement à émettre une clause de réserve sur la
3ème directive postale de la libéralisation qui ne sera pas appliquée.
Même les USA et le Canada viennent de renoncer à la libéralisation postale qu’ils avaient envisagée. C’est dire !
Et le gouvernement français, lui, dans un pays où le service public postal est le plus développé, prétend être sourd à toutes le mobilisations et poursuivre à marche forcée la privatisation totale !
Le réseau des bureaux de Poste démantelé
Les dirigeants de La Poste, avec la complicité (pour ne pas dire à la demande, insistante) des représentants de l’Etat, amplifient
la suppression de bureaux de Poste de plein exercice et leur transformation en Agences Postales Communales et Relais Poste (3600 prévus en 2009 en plus !!!).
Ce qui s’inscrit en plein dans la réforme territoriale. Les Sénateurs se glorifient du « compromis » confiant le suivi du financement du maillage du territoire à l’Arcep.
Voila de quoi nous rassurer en effet, quand elle ne cesse d’augmenter les tarifs et accorde à tour de bras les licences aux concurrents y compris en avalisant certains de manière
illicite comme cela à récemment été le cas avec Alternative Post.
Quant aux usagers qui seront représentés au conseil d’administration : c’est déjà le cas, entre autres, à travers la participation de la représentante des associations de consommateurs.
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1999 |
2009 |
Ecart |
Prévu pour 2009 |
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Bureaux de Poste |
14 147 |
11 422 |
- 19.26% |
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Agences Postales Communales et Relais Poste |
2 933 |
5 660 |
+ 92.98% |
+ 3 600 |
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Total |
17 080 |
17 082 |
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C’est énorme non ?
Qui va financer le service universel
avec la libéralisation totale du courrier ? Très grande discrétion ! Pour la première fois, c’est lors de la commission
Ailleret que ce coût a été chiffré. Les représentants de Bercy y ont annoncé le chiffre de 980 millions d’euros. Mais pour ce faire, ils ont procédé par comparaison avec les « concurrents
européens » (!!!) qui assurent seulement 3 jours sur 7 la distribution du courrier !!
Or en France, c’est 6 jours sur 7 que le facteur passe chez les usagers (et il faut que cela continue). Donc raisonnablement, le coût peut être estimé au bas mot à 2 milliards d’euros
annuels.
Ce financement est estimé assuré par les bénéfices réalisés sur le monopole du courrier jusqu’à 50 grammes. Si la France persiste
dans la libéralisation totale du courrier, qui va payer ? L’Etat s’en désintéresse complètement. La Poste ne veut pas puisqu’elle veut s’aligner sur les concurrents privés européens !
Les collectivités locales le pourront-elles ? Certainement pas. D’ailleurs, est-ce souhaitable ?
Ne serait-il pas plus raisonnable de réfléchir à stopper cette libéralisation à l’image de certains pays ?
On a pu changer de braquet sur les déficits publics décidés par Bruxelles pour secourir les banques mais on ne le pourrait pas sur
la 3ème directive européenne sur la libéralisation totale du courrier, pour préserver le service public postal ? Le gouvernement persiste dans sa décision idéologique ultra
libérale pour livrer les secteurs rentables des activités postales aux appétits financiers du privé. C’est contraire aux intérêts de la population, des postiers, des entreprises qui ont besoin du
service public postal à commencer par les PME disséminées sur tout le territoire.
Seul le service public postal assure l’égalité de traitement des citoyens sur l’ensemble du territoire. L’Etat pourrait donner de l’argent pour la croissance externe les fusions, acquisitions… en
Europe ou ailleurs, mais pas pour les missions de service public en France?
Ce n’est pas ce que veulent les français. Ils l’ont démontré notamment avec le succès formidable de la votation citoyenne. La Poste c’est leur affaire. Elle fait partie de leur vie quotidienne.
Il s’agit d’une remise en cause de la distribution quotidienne du courrier.
Et il y a ce dont personne ne parle
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Effectifs |
30/06/2008 |
30/06/2009 |
Ecart |
% |
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31/12/2008 |
30/06/2009 |
Ecart |
% |
|
Fonctionnaires |
154 392 |
145 668 |
-8 724 |
-5,7% |
|
152 286 |
145 668 |
-6 618 |
-4,3% |
|
Contractuels |
139 721 |
142 661 |
2 940 |
2,1% |
|
143 459 |
142 661 |
-798 |
-0,6% |
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Total |
294 113 |
288 329 |
-5 784 |
-2,0% |
|
295 745 |
288 329 |
-7 416 |
-2,5% |
7 500 suppressions de postes au premier semestre 2009. Près de 65 000 suppressions postes de fonctionnaires depuis 2002 !
Pour la première fois, le nombre de contractuels est en baisse. Au 30 juin, ils représentent 49.5% des effectifs du groupe. Ce qui n’empêche pas le Président de La Poste d’écrire en particulier aux cadres supérieurs pour leur assurer qu’il n’y aura pas de plan social en cas de privatisation !!!
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En millions d’euros |
30/06/2008 |
30/06/2009 |
Ecart |
% |
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Charges de personnel (hors Dafa) |
6 357 |
6 307 |
- 50 |
-0.8% |
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Rémunérations |
4 301 |
4 293 |
-8 |
-0.2% |
Le chiffre publié des charges de personnel du premier semestre 2009 (6 424 millions d’euros)) intègre le provisionnement du dispositif
d’aménagement des fins de carrières (Dafa) pour un total de 117 ME. Cette méthode (alors que les indemnités ne commenceront à être réglées réellement aux agents concernés qu’au mieux en 2012)
permet officiellement de faire apparaître un accroissement des charges de personnel de 67 millions d’euros. En réalité, retraitées de ce nouvel élément, elles sont en baisse de 50 millions
d’euros.
Le représentant de l’Agence des Participations de l’Etat (« l’actionnaire comme il se nomme ») s’émeut du montant de ce provisionnement qu’il estime exorbitant quand son boss (NS)
continue à s’agiter aux sons des « travailler plus pour gagner plus ». Quelle mauvaise foi ! C’est sans compter les bénéfices que La Poste va « récupérer » en ne payant
ses agents qu’à 70% pendant près de 3 ou 4 ans selon l’entrée dans le dispositif. Notons que les
charges de personnel du Groupe ne représentent plus que 64% de l’ensemble des charges (70% en 2000).
Pour finir de vous convaincre. Car c’est notre ambition.
La productivité augmente constamment :
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2007 |
2008 |
30/06/2009 |
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0.039 |
0.041 |
0.042 |
Le plan de réduction des coûts (200 millions d’euros) a été atteint fin Août. Il a donc été revu à la hausse !! + 50 me !!!
Les sénateurs veulent rassurer à bon compte :
ils affirment que les contractuels garderaient leur régime de retraite complémentaire Ircantec (public). Mais ils taisent (et les médias aussi) qu’à compter de 2010, les nouveaux recrutés seront
intégrés d’office au système complémentaire Arco/Agirc (privé). Ce qui veut dire qu’à terme l’Ircantec sera fragilisée et donc menacée pour tous les non fonctionnaires du secteur
public.
Par ailleurs, dans un soucis dit d’égalité ( !) avec les contractuels ( !!!) les sénateurs ont aussi voté un amendement sur la mise en place d’un contrat de groupe complémentaire pour
les fonctionnaires de La Poste. En réalité, c’est l’ensemble de l’équilibre de gestion solidaire qui sera touché. Les retraités de La Poste n’y seraient pas intégrés. Pas plus que les
télécommunicants. Ils paieront donc plein pot. Les fonctionnaires de La Poste feront comme leurs collègues contractuels il y a quelques mois : ils n’auront pas le choix. Quant à la mutuelle
générale elle-même, sera-t-elle retenue comme complémentaire santé par La Poste ?
Malgré la position du Sénat, la bataille n’est pas finie. Toutes les raisons subsistent dans la profession de s’inscrire en masse dans la grève nationale du 24 novembre à l’appel de toutes les organisations syndicales. Si le gouvernement persiste dans sa volonté de poursuivre en décembre à l’Assemblée Nationale, il faudra préparer avec les usagers, élus et les postiers une grande manifestation nationale.