Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 10:30

Prise de parole de Colette DUYNSLAEGER,

Secrétaire générale de la Fédération nationale des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications CGT (Fapt)

à la manifestation parisienne réunissant 3000 manifestants

En présence de Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT et de Maryse DUMAS, Secrétaire confédérale en tête de cortège.

 



Non à la privatisation de La Poste et donc Non au changement de statut et Non à l’ouverture du capital.

 

Oui au développement du service public. Voilà ce que les dizaines de milliers de manifestants dans toutes les rues de France ont crié haut et fort aujourd’hui.

 

Non à la privatisation de La Poste et oui aux revendications c’est aussi ce que sont venus crier haut et fort les plus de 110 000 grévistes postiers soit près de 40%.

 

Je sais, La Poste annonce seulement 25% de grévistes. Mais ces chiffres sont annoncés sur la totalité du personnel de la Poste à 8 heures ce matin. Autrement dit, elle compte les malades, les congés, ceux qui n’ont pas encore pris leur service. 2 exemples à Paris : la CGT recense au courrier 4131 salariés qui devaient travailler, La Poste dit 6093 ; la même chose dans le Puy de Dôme 946 salariés inscrits sur les feuilles de présence, La Poste annonce 1397.

 

Non Monsieur Bailly, ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on arrive à prendre la température.  

 

Vous seriez mieux inspiré d’entendre tous ces postiers, qui eux sont, chaque jour, au contact de la population. Oui entendre leurs exigences, leurs revendications plutôt que de se placer comme l’homme providentiel, qui saurait à lui seul comment sauver la poste.

 

Il faudra bien que le président Sarkozy entende aussi ce qui s’exprime fortement aujourd’hui!

Ce n’est pas d’une commission dont la mission serait d’examiner « les différentes options pour le développement de l’entreprise et les moyens qu’elles exigent » dont nous avons besoin. 

Si nous ne sous-estimons pas le fait que la mobilisation, contraint le Président de la république à être prudent, nous ne sommes pas non plus amnésiques. Nous connaissons trop la méthode qui consiste à créer une commission pour noyer le poisson.

 

Ce que nous voulons c’est que ce service public qui appartient à la collectivité reste la propriété des citoyens.

 

Ce que nous sommes venus dire c’est que la privatisation de La Poste n’est ni amendable, ni négociable, elle se combat.

 

Et cette journée d’action est d’ores et déjà une étape importante dans ce processus de luttes qui s’engage pour que le président de la république renonce définitivement à la privatisation de ce grand service public.

 

OUI cette journée de grève et de manifestations est un immense succès.

 

Rien n’aura eu prise sur la détermination des postières et des postiers. Toutes les manœuvres, toutes les pressions, toutes les intimidations, toute la désinformation, rien n’aura su empêcher que ce 23 septembre 2008 soit une journée qui fait déjà partie des grandes journées d’actions.

 

En appelant immédiatement,  dés l’annonce de la vrai fausse information de privatiser La Poste, à la quasi-totalité des organisations syndicales a s’y opposer et a revendiquer au contraire un développement du service public une fantastique dynamique c’est créée.

La décision prise dés le 9 juillet, d’appeler en septembre à une journée nationale unitaire d’actions de grève et de manifestations, les 166 293 signatures recueillies sur la pétition nationale de la CGT. Chiffres ce jour à 10h 

 

 Les multiples initiatives prises par les élus locaux, l’engagement des usagers qui à 61% sont déjà contre cette privatisation, l’engagement des partis politiques de gauche et des associations nous permette d’avoir rendez-vous avec l’histoire.

 

Oui nous vivons une période historique.

 

L’appel à la mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal, dont les premiers signataires rassemblent : les organisations syndicales CGT, Solidaires, FO et CFTC, les partis politiques de gauche  PS, PCF, LCR,MRC, les verts, le PRG et de très nombreuses associations est aussi un appel historique.

En décidant de relayer cet appel dans un comité national, ensemble nous voulons contraindre direction de la Poste, gouvernement et président de la République non seulement à renoncer à la privatisation mais aussi à créer les conditions pour développer, moderniser et rénover le service public de la Poste.

 

Oui historique ! C’est la première fois qu’un tel rassemblement, aussi large, aussi divers, se réalise pour défendre un service public.

 

C’est cette dynamique qui doit se poursuivre et s’amplifier.

 

C’est la conjugaison de la force des postiers et de la force de la population,  de ses représentants politiques et associatifs  qui va nous mener à la victoire.

 

Je veux saluer tous les représentants des associations, des partis politiques, les élus, les usagers de La Poste qui ont été nombreux aux cotés des postiers dans les manifestations.

 

Je veux aussi saluer la participation des secrétaires généraux des Fédérations CGT de l’Energie, des Cheminots, du syndicat de la RATP ainsi que l’UGICT. C’est ensemble que nous allons gagner pour tous les services publics.

 

 Ici à Paris, je veux aussi particulièrement saluer la présence de Philip Jennings secrétaire général de l’UNI-Global Union qui donne une dimension internationale à notre action d’aujourd’hui.

 

 Cette dimension nous pourrons la donner avec encore plus de force le 7 octobre à l’occasion de la journée syndicale mondiale pour le travail décent et dans notre pays en répondant massivement à l’appel de mobilisation unitaire pour réaffirmer nos exigences en matière d’emploi de qualité pour tous, de salaires revalorisés, d’amélioration des conditions et de durée du travail respectant la santé et la dignité des salariés et des services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale.

 

Il est clair qu’une fois de plus ces choix capitalistes de privatisation de la Poste ne vise qu’à offrir ce secteur indispensable à la vie sociale, économique et politique aux spéculateurs et aux rapaces de la finance. Dans de nombreux pays et notamment en Europe les privatisations de leurs postes ont eu lieu ou sont programmées.

Ces privatisations se traduisent toujours par des milliers de suppressions d’emplois, des milliers de fermetures de bureau de postes, par des augmentations de tarif.

 

Aucune directive européenne n’oblige à privatiser La Poste.

 

Mais c’est toujours le prétexte invoqué pour mettre à mal les droits des salariés et des populations et les placer en concurrence. Parlez-en aux salariés de Renault, à ceux de SFR et à tous ceux qui luttent contre les plans sociaux dans leurs entreprises. Parlez-en aussi aux salariés des hôpitaux publics qui se battent pour l’accès aux soins pour toute la population alors que le gouvernement veut, là aussi, laminer ce grand service public.

 

Non décidemment non ce n’est pas pour cette Europe là que les peuples se prononcent. Les populations veulent une Europe sociale. Une Europe qui réponde à leurs besoins, à leurs revendications. 

 

Je le réaffirme : il est totalement exclu pour la CGT de négocier la privatisation de la Poste. La CGT a des propositions et elle entend les faire valoir. Ce que nous voulons c’est que la Poste reste un service public, que son efficacité soit renforcée, que les moyens soient trouvés pour son développement et qu’à concurrence on réponde par coopération.

 

Je le redis avec force et solennité

La privatisation n’est ni amendable, ni négociable.

La privatisation se combat.

Ce combat s’annonce de longue haleine.

Les organisations syndicales se rencontrent demain, elles vont convenir de la poursuite à donner à cette très grande journée de grève et de manifestations.

Pour la CGT un nouveau rendez-vous de grève et de manifestations  doit être donné aux postiers et postières, aux usagers et à tous ceux qui sont d’ores et déjà engagés.

  

Ensemble mobiliser pour dire NON à la privatisation

Ensemble mobiliser pour dire OUI au service public

Ensemble mobiliser pour dire OUI aux revendications des salariés.

 

Alors oui, ensemble, nous allons gagner pour La Poste et pour l’ensemble des services publics afin que tous répondent aux besoins fondamentaux de toute la population.

  

Montreuil, le 23 septembre 2008 – 18 heures

Par CGT-FAPT - Publié dans : Arguments
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